Notre loge a fêté ses 125 ans en novembre 2006.

Pourquoi s'appelle t-elle Unité Solidarité ? C'est cette histoire que nous voulons vous raconter...

Au début de l'année 1881, le Perreux n'était encore qu'un quartier de Nogent sur Marne ; il ne devint une commune que sept ans plus tard. Sept Frères habitant Nogent sur Marne, fatigués de se rendre soit à Paris soit à Neuilly sur Marne eurent l'idée de fonder une loge dans leur ville, le retour sur Nogent le soir étant difficile. A ces 7 Frères de Nogent vinrent s'ajouter 6 Frères de diverses loges dont un Frère de la Respectable Loge Devoir et Conscience à l'Orient de Santiago du Chili !

Ils l'appelèrent La Nogentaise avec cette devise qui est toujours la nôtre :

Bien dire et bien penser ne sont rien sans bien faire.

L'allumage des feux eut lieu le 26 novembre 1881. Or, à l'époque, il existait à Nogent une agence qui s'appelait La Nogentaise et une autre société qui avait pour raison sociale La Foncière Nogentaise et il se produisait parfois de fâcheux problèmes de courrier, si bien que le changement de titre distinctif fut décidé le 8 mars 1888 et la loge La Nogentaise devint Le Lien Fraternel.

Et puis le temps passe, non sans quelques problèmes ... Le 3 novembre 1907, une nouvelle loge Solidarité Nogentaise est créée, par quelques Frères de la loge. Le 25 février 1912, la loge Le Lien Fraternel demande sa mise en sommeil et les Frères de la loge fondent la Respectable Loge Unité Fraternité qui allume ses feux le 6 juillet.

Enfin, le 25 avril 1919, après sept années, la sagesse semble être revenue et cela donne lieu à l'installation de la Respectable Loge Unité Solidarité à l'Orient du Perreux sur Marne, résultat de la fusion des 2 loges La Solidarité Nogentaise et Unité Fraternité.

Ce sont les retrouvailles, c'est la paix, plus durable, on peut le dire aujourd'hui, que la paix conclue à Versailles la même année.

Il faut noter que dans un courrier du 25 août 1921, le Vénérable Maître de la loge signalait au Conseil de l'Ordre du Grand Orient que la loge avait mise à l‘ordre du jour de la rentrée la reprise du titre distinctif Le Lien Fraternel, ce qui effacerait jusqu'au souvenir des discussions anciennes de la scission, les ateliers étant depuis longtemps réconciliés. Ce projet n'eut pas de suite et le titre distinctif choisi en 1919 fut conservé.

Résultat d'une fusion, ou plutôt d'une réunification, la nouvelle loge se veut la synthèse des deux loges qui l'ont formée, et son titre distinctif tout naturellement emprunte à chacune d'elle, en l'occurrence le premier terme.

En dehors d'une représentation équitable des loges qui, il faut bien le reconnaître, présentaient l'image non de l'expansion de la maçonnerie mais de sa division, nous pouvons penser que les Frères aient voulu marquer par ce choix leur volonté de réunir ce qui un temps était devenu épars et se retrouvait de nouveau uni et solidaire.

D'une façon générale, pour les fondateurs d'une loge, le choix du titre distinctif n'est jamais neutre, il doit être interprété comme une déclaration de la volonté des fondateurs. Il engage les Frères qui ont choisi ce titre mais aussi ceux qui en héritent à cultiver, développer une vertu, une qualité, un idéal.

 

Charles