sable200


Lors des fêtes, lors des cérémonies religieuses ou sacrées, chez les indiens du Sud Ouest des États-Unis, le "médecine‑man", peint sur le sable des dessins symboliques et complexes. Il réalise ainsi un tableau éphémère et beau, un support symbolique que le vent effacera comme il efface tout ...


Avant d'entamer la cérémonie vaudoue, on trace sur le sol, généralement avec de la farine, des "vévés". Ces "vévés" sont des motifs symbolisant un "loa", un esprit. (Mais le mot esprit est maladroit, il s'agit plutôt, de forces, de puissances élémentaires).Certains pensent que pour les "grands initiés", les "vévés" sont une écriture parfaitement lisible et que leur ensemble constitue, une sorte de "livre sacré" de l'Afrique animiste.

Dessiné au début des travaux, effacé lorsque ceux ci se terminent, le tableau de loge est tout à la fois symbole de la transmission, donc de la continuité, et en même temps symbole de l'éphémère.

Comme pour les "vévés", l'ensemble des tapis des différents grades représente d'une certaine façon, pour celui qui sait le lire, un vaste livre où sont écrits les secrets de l'ordre.

Ce que nous dit ce symbole, c'est que notre permanence se créé dans l'éphémère, ou plus précisément dans l'instant.

Le Temple maçonnique n'est pas là où réside le Temple de pierres, il est là où le dressent les frères. Et il nous renvoie à un autre symbolisme, celui du nomadisme...

  • Le camp est dressé, les tentes sont montées pour une période, pour une étape.
  • Pour quelque temps, elles sont le lieu où les hommes vont vivre.
  • La cité de toile et de bois où ils s'arrêtent avant de reprendre la route.


Tout, dans le déroulement des rituels rappelle que la vie maçonnique est une série d'étapes.Jour après jour, le voyage se poursuit.

  • Le camp est dressé, puis, les traces sont effacées à chaque nouveau départ.
  • Au rythme lent de notre marche, pas après pas, nous apprenons le monde, et ce n'est pas le but qui nous change, mais la démarche, le voyage…
  • … La marche est rude et il est nécessaire de s'orienter, pour connaître, pour reconnaître le chemin...


Car le voyage est participation au monde.

  • Et ce sont les éléments de ce monde qui vont nous guider...
  • Les étoiles, les astres, la position du soleil, les points dominants du relief vont diriger le voyageur.
  • L'univers est le lieu du voyage... il en est aussi le guide.
  • Au cœur de l'homme, l'ordre du monde est toujours à créer.
  • Peu à peu, l'homme en marche va comprendre l'univers dans lequel il se déplace.
  • Les différentes parties du puzzle vont une à une se mettre en place; les faits, les détails vont doucement converger pour lui indiquer la route.



"Mille choses à la fin sont une..." dit un "koan" zen. Le voyage, la quête va peu à peu révéler à ses propres yeux, l'union profonde du monde et du voyageur.

L'Homme va lentement acquérir la conscience, la connaissance de son rapport et de sa place dans l'Univers, se définissant non pas contre le monde, mais avec lui, en lui. Il comprendra enfin que l'Homme n'a pas tissé la toile du monde, mais qu'il en est simplement le fil...

Trame, fils, tissage... milliers de fils s'entrecroisant pour créer un objet ordonné et beau... centre de la maison, support des rêves de l'homme. Les symboles se mêlent ainsi tissant dans l'esprit de l'initié, la trame de l'Unité profonde des choses, le tapis volant de l'esprit voyageant vers la Lumière.

Et pour celui qui sait: "La Lumière illuminée n'a pas d'envers."

Pierre