La pensée symbolique procède par rapport à la pensée scientifique d'une autre approche de l'universalité qui devient non plus une vue de l'esprit, mais un phénomène à la fois vécu, et en même temps interprété, perçu en tant qu'image. Car pour un esprit sain, il est important de ne pas faire la confusion entre image et vérité. Le symbole pour l'individu normal, est différent de la réalité, il restructure cette réalité brute pour lui donner un sens.

 

l'eau qui court

 

Pour le physicien ou le chimiste, l'eau est un corps dont la molécule a pour formule H2O, qui gèle à 0° C et bout à 100° C.

Pour tous les scientifiques, sur toute la terre, l'eau possède ces propriétés.

La science est universelle !

 

 

Mais dans l'imaginaire, il en est tout autrement.
 
Ce symbole qu'est l'eau possède de multiples visages et l'eau n'a certes pas la même résonance pour un habitant d'une région tropicale humide, pour un touareg ou pour un inuit.

L'imaginaire va voir dans l'eau une constellation d'aspects complémentaires ‑donc parfois contradictoires‑ et sous le même terme, Eau, il va entrevoir des propriétés qui seront différentes selon l'état, l'apparence, la fonction de ce liquide.

Ainsi, l'eau dormante va être le symbole des germinations cachées, des fermentations, de la décomposition et de l'enlisement. Relisez la « Chute de la Maison Usher » et vous aurez une assez bonne idée de ce quoi je veux parler.

Le fleuve, par son écoulement même, puissant, continu, unidirectionnel deviendra une image du temps, de l'écoulement de la vie, du destin.

"Je me suis rencontré entre deux siècles comme au confluent de deux fleuves; j'ai plongé dans leurs eaux troublées, m'éloignant à regret du vieux rivages où je suis né, nageant avec espérance vers une rive inconnue ..." (Chateaubriand).
 

  • La mer, perçue dans son aspect abyssale, le lieu où rodent les grands monstres marins, cachés dans les profondeurs, libres et indomptables qui punissent le présomptueux qui pense pouvoir tout maîtriser. Relisez Jonas et Moby Dick.
  • La pluie, eau venue d'en haut fécondant la terre sera un signe de la bienveillance du ou des dieux, mais, purificatrice elle sera aussi lorsqu'elle se transforme en un déluge où périssent les pécheurs, le signe de la colère de ces dieux
  • La glace pure de son aspect cristallin et de sa dureté, coupante comme une arme : « lances des glaciers fiers ... » nous dit Raimbaud, évoquera ces glaciers éternels qui veillent aux frontières des mondes et maintiennent l'ordre, donc figent le mouvement. (Ce qu'est la glace...du mouvement figé)

Autant d'aspect que le simple H2O est insuffisant à faire percevoir.

On pourrait ainsi, aussi, en comparant l'étoile de type G des astronomes au Soleil des hommes, source de vie et de lumière, mais aussi brasier destructeur... s'apercevoir que l'imaginaire des hommes nous dit plus de choses sur la vie que leur science.
 

La science est universelle, mais elle est réductrice !

Jacques