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Notre engagement nous amène à traiter dans nos travaux des thèmes d'actualité comme la pollution de l'air.


L'article ci-joint est extrait d'une planche sur la pollution de l'air où le Frère Orateur nous fait partager ses connaissances (une synthèse sur le discours des scientifiques et les lois en cours d'élaboration) avant de faire part de ses réflexions sur ce thème ...

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Enfin quelques mots sur le Protocole de Kyoto qui a été ratifié le 11 décembre 1997 par 111 pays (dont la France), ce qui représente 44 % des émissions de CO2.

Ce protocole prévoit pour chaque pays signataire une quantité donnée de production de six gaz à effet de serre, quantité ne devant pas dépasser le niveau des émissions de 1990.

Appelé permis d'émission, il est l'objet de deux tractations. Tout d'abord, l'État doit répartir la quantité totale de pollution autorisée pour le pays entre chaque producteur pollueur en établissant un plan national d'octroi des quotas (PNOQ), et, à ce stade, mis en compétition, on imagine sans peine que certains acteurs économiques sont beaucoup plus à même d'obtenir les faveurs d'un gouvernement qu'un producteur breton de charbon de bois.

Voici le moment que vous attendiez avec impatience, celui où je dis du mal du Medef. Puisque la répartition des quantités se négocie avec les ministères de l'Industrie et de l'Environnement, le Medef et quelques autres associations patronales ont créé un groupe de pression en septembre 2002 qu'ils ont baptisé Association des entreprises pour la réduction de l'effet de serre (Aeres) où l'on retrouve sidérurgie, cimenterie, pétroliers, producteurs d'énergie... Cette association doit négocier avec la « société civile », en l'occurrence l'administration, le PNOQ français qui devra être remis au plus tard à Bruxelles le 31 mars 2004, sachant qu'un marché d'échanges s'ouvrira, lui, le 1er janvier 2005.

Le deuxième niveau de tractations est pudiquement nommé donc « marché d'échange des permis d'émission ». Si une entreprise n'utilise pas la totalité de son autorisation à polluer, elle peut échanger... contre de l'argent, c'est-à-dire revendre, la part d'autorisation qu'elle n'a pas consommée à une autre entreprise (d'où l'intérêt qu'elle a à se faire octroyer un quota le plus important possible). Ainsi, le gain de non-pollution ne profite pas à nos poumons, mais il permet à un autre pollueur de polluer plus, tout en amenant un produit financier à la première entreprise qui, en fin de compte, pollue quand même, mais indirectement. Comme ce marché d'échange est international, si l'un d¹entre vous a des copains dans le gouvernement corrompu d'un pays lointain, il peut monter une entreprise virtuelle, avec quelques salariés, obtenir un permis d¹émissions en contrepartie d¹un partage des royalties à venir, et louer son permis d¹émissions à Ford ou à EDF.

Est-ce la société que nous voulons ? Par exemple, la construction immobilière (qui représente 1/4 des rejets de CO2), ou pire l'industrie chimique (1/4 des rejets) et les transports (1/3 des rejets) tous les deux en dehors du protocole de Kyoto, peuvent-ils négocier avec l'État français qui agit en notre nom des marges de pollution de l'air nécessaires au maintien de leurs profits, en attendant que leurs investissements soient amortis ou qu'ils possèdent de nouveaux brevets élaborés dans nos universités, mais dont ils seront les seuls propriétaires ?
Pouvons-nous laisser à ceux que seul le profit anime le droit de décider de la qualité de l'air que nous ou nos enfants respirerons ?

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Patrick