Extrait d'une planche sur la citoyenneté ...

Pour réveiller les assoupis, il faut lancer un appel à la responsabilité, appel à la citoyenneté, que nous sommes nombreux à nous faire à nous-mêmes, ...

Pour réveiller les assoupis, il faut lancer un appel à la responsabilité, appel à la citoyenneté, que nous sommes nombreux à nous faire à nous-mêmes, mais ceux qui n'y répondent pas ou qui n'y répondent plus n'y seront pas sensibles. Il est nécessaire alors de valoriser le civisme. Cela passe par une phase de proposition d'un projet positif, et non par camper sur une position de citadelle assiégée.

Il faut impérativement plus de démocratie directe au niveau des choix qui influent immédiatement sur la vie quotidienne. Alors la certitude d'influer sur les décisions se réinstalle, et le mot citoyenneté reprend du sens.

L'exemple de Porto Alegre (Brésil), s'il n'est pas à reproduire tel quel, ouvre une perspective tout à fait intéressante. C'est dans ce sens que l'ouverture du corps électoral aux étrangers pour les élections de proximité est attrayante, et non pas pour avoir plus de votants par l'artifice de l'augmentation des inscrits. Les mesures démagogiques sont souvent pis que les maux qu'elles sont censées guérir.

Mais remotiver passe aussi par réconcilier le citoyen avec sa société. L'Etat doit, d'une part, donner l'exemple de la civilité, dont le civisme fait partie ; d'autre part, il doit veiller à ce que les comportements publics soient civilisés, dans le sens de respectueux de notre civilisation commune. En tant que tel, l'État est non seulement l'émanation de notre citoyenneté, mais il en est aussi l'incarnation et le défenseur. Trois secteurs sont alors au premier rang, l'Education nationale, la force publique et la Justice, qui sont investis de la mission d'enseigner, de faire respecter les règles que nous nous sommes choisies et qui sont inscrites dans la Constitution française, et de sanctionner les contrevenants au nom de la République, c'est-à-dire en notre nom.

Restent la citoyenneté européenne et la citoyenneté mondiale. Ces citoyennetés sont naissantes sur le plan juridique dans le sens où les textes qui les fondent sont encore jeunes, que les échéances électorales qui s'y rapportent sont quasi inexistantes, et que la conscience que nous en avons est également approximative. Le flou de la situation à ces deux niveaux internationaux est une autre source de démotivation civique, de sentiment d'impuissance, d'impression de manipulation inexorable.

Pourtant, les luttes comme celle pour l'instauration de la taxe Tobin, ou celle contre la mondialisation, des organisations comme celle de José Bové contre les OGM, ou celle du sub-commandante Marcos, sont des prémices qui serviront à la définition de notre citoyenneté future. Là encore, égalité, consultation, implication, information indépendante, séparation des pouvoirs, choix les plus directs possibles, laïcité, respect des décisions légitimes, sont les valeurs que nous pourrons défendre, forts de l'expérience que nous en avons.

Patrick