Dans notre loge, nous travaillons sur des questions d'actualité comme celle ci : Comment pourrait-on concevoir l'histoire comparée des religions dans l'enseignement public ?

Voici un extrait de notre réflexion ...

Tout commence par un constat : les diversités culturelles et confessionnelles dans notre pays. Alors que les immigrants du début du XXe siècle étaient de culture européenne et de religion catholique Italiens, Polonais, Portugais -, l'immigration récente nous interpelle car elle nous confronte à d'autres valeurs, comme l'islam.

La question se place sur le terrain de l'éducation et nous interroge sur l'histoire des religions, mais une histoire comparée, c'est-à-dire qui met en relation les différentes religions. Mais la formulation même de la question nous semble ambiguë. D'abord, la question rejette l'enseignement privé pour se focaliser sur l'enseignement public alors que le plus grand danger pour la laïcité vient de l'intégrisme religieux. Notre action devrait donc viser à lutter contre ce prosélytisme et à promouvoir ainsi l'enseignement des valeurs laïques dans les écoles religieuses. Oui à l'enseignement de la laïcité à l'école privée !

Ensuite l'emploi d'un conditionnel - pourrait on laisse entendre qu'il s'agit d'un thème nouveau et que le débat est ouvert alors que la réalité est tout autre : l'histoire des religions est déjà enseignée depuis de nombreuses années à l'école ; dans les années 90, de nombreux textes de loi ont introduit dans les programmes de l'Education nationale la culture islamique et Régis Debray, à la demande du ministre de l'Education nationale de l'époque Jack Lang semblait avoir clos le débat avec son rapport sur l'enseignement du fait religieux dans l'école laïque.

Les objectifs de cet enseignement seraient de favoriser l'exercice de la liberté absolue de conscience, l'esprit critique et la citoyenneté républicaine. La première assertion est la définition même du principe de laïcité tel qu'il est défini par notre obédience ; ce principe place la liberté de conscience (celle d'avoir ou non une religion) en amont et au-dessus de ce que l'on appelle dans certains pays et je préciserai dans certaines obédiences - la liberté religieuse (celle de pouvoir choisir une religion pourvu que l'on en ait une).

Ce principe de laïcité amène à la séparation des églises et de l'Etat ; en France, ceci nous a conduits à séparer la sphère publique de la sphère privée et à rejeter dans la sphère privée la religion. C'est au nom de ces principes que notre première réaction fut de s'opposer à toute intervention du religieux dans l'Education publique.

Nous, Frères de la loge Unité Solidarité au Grand Orient de France, nous n'avons pas à discourir sur la religion mais à valoriser la laïcité et les valeurs qu'elle sous-tend comme le respect de l'autre, la tolérance, l'acceptation de toutes les cultures et de toutes les religions. Quant aux hommes et les femmes qui ont la charge de transmettre le savoir, ils ont le devoir de défendre cet idéal de la laïcité, mais aussi de promouvoir les valeurs sous jacentes.

 Des Frères de la Loge