Le travail sur nous-mêmes nous amène à prendre conscience de nos faiblesses et des limites de nos actions.

Mais notre idéal nous conduit à rêver d'un monde meilleur ...

Rêve-t-on en Tenue?

S'il peut arriver que certains Frères s'endorment, il se peut également qu'ils se mettent à rêver. Quant aux Frères qui tentent d'engager la franc-maçonnerie dans des opérations politiciennes, ceux-là rêvent éveillés à une maçonnerie qui n'existe pas.

Cela dit, la réflexion symbolique s'apparente au rêve. Elle fait appel à la fonction symbolique de la pensée, à l'évocation aléatoire, au processus d'association libre, à la poésie, mais pour mettre en doute des valeurs puis se les approprier collectivement.

Pour construire un avenir meilleur, il faut aussi le rêver, l'anticiper, le prévoir. Pourtant, l'utopie doit conserver, d'une part, des fondations réalistes et, d'autre part, ne pas se présenter comme une mission mais comme un souhait, parmi d'autres.

A ces deux titres, le rêve n'est donc pas absent de nos travaux. Pourtant, cela ne veut pas dire que, puisque nous rêvons, d'abord, nous avons pour devoir d'imposer nos rêves à l'extérieur des Temples, et qu'ensuite nous ne faisons rien d'autre, une chose n'en excluant pas forcément une autre.

Puisqu'on ne parle plus de franc-maçonnerie mais de maçons, les maçons s'entraident-ils à assumer avec conscience leur condition ? Organisons-nous des sociétés mutuelles de résignation, des écoles d'abnégation et de renonciation, où l'on apprend à la fois sa triste condition et les moyens de l'accepter ? La maçonnerie serait-elle une confrérie de pleureuses, et de nos Loges s'élèverait-il une longue et lugubre plainte... silencieuse ?

Certes, il est, pour nous, question de responsabilité, donc de conscience de soi en société, de conscience de sa propre liberté au milieu de la liberté des autres ; aussi, de sa condition d'être mortel. Et, puisque, dans nos Ateliers, nous travaillons collectivement et sur un pied d'égalité, il est possible de qualifier ce travail d'entraide. N'en déplaise aux individualistes qui, soit dit en passant, ont souvent plus besoin des autres (à condition qu'ils soient divisés) pour construire leur propre carrière, que les maçons qui «se tiennent les coudes» n'en ont besoin pour être et devenir des hommes libres, c'est-à-dire des hommes qui choisissent en leur âme et conscience, et en connaissance de cause.

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Patrick