Je vous présente un chemin à parcourir, une lecture possible et bien sûr incomplète de ce que nous avons sous les yeux, la définition que je retiens de certains de nos concepts, et l'intérêt que je trouve à ce que nous soyons réunis ici, dans ce décor original.

Nous croyons faire référence à la même chose en utilisant des concepts, et nous sommes dans l'incertitude la plus totale, source d'incompréhension et de quiproquos.

La Franc Maçonnerie a résolu cette difficulté par la méthode symbolique. Au lieu de s'échanger des mots dont le sens archivé par la mémoire de chacun reste non dit, elle propose de remettre en cause l'image immédiate, de réexaminer collectivement l'idée préconçue, de faire danser le sens, puisqu'un mot doit être compris de la même manière par tous. Comment ? Par les planches, par la recherche individuelle systématique sur un ensemble de valeurs communes, valeurs pour la plupart présentes ici sous une forme déguisée, représentées par des outils, par des signes, par des emblèmes... dont la haute valeur morale ne peut être révélée qu'à l'initié. Le passage par la réflexion symbolique, par le recul qu'une telle démarche autorise et impose, nous amène à une redéfinition, à une nouvelle interprétation, beaucoup plus large, plus éclairée, et surtout partagée par tous les Maçons. Quand deux Maçons parlent de règle ou de truelle, ils savent de quoi ils parlent. Le symbole est un signe de reconnaissance, un langage codé, mais il est surtout le moyen d'un échange plus riche.

Changer le langage, les attitudes, les déplacements, le comportement social, aboutissent à changer de point de vue. Dans une conception béhavioriste, comportementaliste, changer la pratique facilite un changement de la pensée. La matière influe sur l'esprit. A nous, en contrôlant ce changement qui est mis à notre portée, d'en obtenir une amélioration. Abandonner l'ancien pour reconstruire, c'est réintégrer des sens après qu'ils ont été élargis par la remise en question symbolique.

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Un Frère de la Loge