En loge, les maçons s’opposent à une première tyrannie qui est probablement une des sources de beaucoup d’autres, l’isolement ...

Quoi de plus sain en effet dans une société morcelée, éclatée, éparpillée, que des hommes libres et de bonnes moeurs, ayant souvent des responsabilités dans des domaines très différents, se rencontrent, débattent, prennent le temps d’élaborer leur pensée et de la présenter de manière ordonnée plutôt que de polémiquer. Il est nécessaire de faire le point avec soi-même et avec les autres pour agir raisonnablement.

Outre la démocratie formelle des tenues, qui honore le gouvernement de la raison, il est indispensable que la société dans son ensemble, et non par morceaux qui ne communiquent pas entre eux, se forge une conscience collective par elle-même, et non par la médiation des journalistes, des élus ou des prêtres, c’est-à-dire des professionnels du dogme. La maçonnerie ravaude un tissu social que de nombreux groupes d’intérêt s’acharnent à détruire.

Or les maçons ne font pas de politique au nom de la maçonnerie. Ils n’ont pas non plus les compétences nécessaires pour développer les sciences, ou la justice que ce soit du point de vue du législateur ou du juriste. Tout juste peuvent-ils être philosophes et philanthropes, et souhaiter un déroulement progressif de l’histoire, en craignant un développement par bonds, c’est-à-dire à coups de révolutions et du cortège de destructions qui les accompagne. La maçonnerie est structurée dans la société, et non contre la société. C’est donc en tant que citoyens éclairés que les maçons se sentent responsables du présent et de l’avenir de l’homme, individuellement et collectivement. Ils sont des travailleurs d’opinion à partir d’un ensemble de valeurs qu’ils partagent et d’informations qu’ils s’échangent. La maçonnerie est alors un réservoir de carburant démocratique. Que notre façon discrète de travailler dérange les manipulateurs et les vendeurs de spectacle « nous en touche une sans faire bouger l’autre », pour citer Jacques Chirac.

Affirmons que, contrairement aux projecteurs qui aveuglent, nos faibles lumières éclairent.

Jacques